J’ai visité pour Vous #1 : Amman, Jaresh et la mer morte - Tourisme et Voyages
jeudi , 23 mai 2019
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J’ai visité pour Vous #1 : Amman, Jaresh et la mer morte

Après une escale à Istanbul, j’arrive en pleine nuit à Amman. La fatigue née du long voyage (14heures depuis mon départ d’Alger), et le froid (il faisait 10°) ont pris le dessus au point ou je ne pouvais ni écouter ces informations que mon  guide voulait me donner, ni découvrir les premières lumières de la ville d’Amman, distante de 30 Km de l’aéroport. Une seule chose me torturait l’esprit, retrouver au plus vite mon  hôtel et le sommeil.

Après l’autoroute, les bretelles, et quelques ruelles, le Pick-Up s’immobilisa devant un immense hôtel « le four seasons», un des nombreux établissements de luxe qui orne les plaines d’Amman, et qui symbolisent la nouvelle tendance touristique du Royaume Chérifien de Jordanie. Mon guide a juste, le temps de me dire que la Capitale Amman compte une dizaine d’Hôtel hors-classe semblables au « four Seasons », et autant dans les principales villes telles Akaba, ou la mer Morte

Le lendemain, après un sommeil profond, je retrouve mon guide qui m’expliquera que mon programme touristique commencera par une virée à Jerash, une ville historique située à 50Km au nord de la capitale, et se terminera par une descente à la mer morte, à120 Km au Sud de Amman.

Une capitale aux 25 vallées

Mais avant d’entamer ce circuit, j’ai eu le temps de découvrir, ou plutôt redécouvrir cette capitale. Car, à dire vrai, j’ai déjà eu l’occasion de visiter cette ville en 1987 et croyez moi, il n y a rien à voir  avec ce que j’avais connu, il y a plus de 30 ans. Certes, le grand boulevard  en plein centre ville  « Chaârii El Hussein » est toujours là, avec ces  agitations, ces  taxis jaunes et blanc (chaque couleur à ses services), ces bruits de klaxons, ces piétons qui fusent de partout et qui font « peur » aux automobilistes, ces vendeurs de légumes et fruits, ces cafés. Mais on sent un grand développement au niveau de l’urbanisme. D’abord, Amman, jadis entourée par 7 plaines connait aujourd’hui, plus de 25  autres vallées devenus pôles d’habitations et autres extensions économiques, un développement qui s’explique par le flux d’immigration des populations arabes dans ce royaume petit par sa superficie et grand par son hospitalité

Palestiniens et Irakiens en force

Le royaume Hachémite de Jordanie est né d’une tribu d’anciens chefs guerriers arabes descendants du Prophète Mohamed (Que le Salut soit Sur lui) et selon de nombreuses thèses, le roi actuel Abdullah fait partie de la 46 eme génération de descendance. D’autres par contre pensent que cette tribu est issue de celle d’Al Saoud  de l’Arabie Saoudite. Il y a donc la grande famille royale et la population qui avoisine les 5,5 millions d’habitants dont 80% de Palestiniens issus du  premier flux de refugiés de 1947. Ces derniers ont d’ailleurs obtenu la nationalité Jordanienne. Idem pour les 2 millions d’Irakiens refugiés depuis les deux  guerres qu’a connus leur pays, et dont la majorité ne veut pas revenir à Baghdâd.

Dans ce petit circuit de la capitale, j’ai eu l’occasion de vérifier qu’Amman compte effectivement plusieurs établissements touristiques de haut niveau qui dénotent le développement du secteur de tourisme dans ce pays.

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Jaresh la capitale de l’antiquité

Le développement  économique  et la forte extension  géographique ont fait en sorte que je n’ai guère ressenti le voyage vers Jaresh. J’ai eu l’impression que cette ville est sur le prolongement de la capitale et qu’elle n’est situé que dans la banlieue de Amman. Mais dés les premiers pas, j’ai senti une grande  différence. Avec, le nombre impressionnant de touristes accompagnés de leur guide, j’ai tout de suite compris l’importance historique de cette ville qui témoigne du passage de nombreuses  civilisations dans cette région. Je suis resté, tout simplement, émerveillé par ces ruines Gréco-romaines ainsi que par les explications de mon guide qui me parlera de certains vestiges datant du 5eme  siècle avant JC, il me dira que les travaux de restauration de la place ovale, des deux théâtres, de l’allée des guerriers, de l’arène, et de  l’entrée de la cité, tendent à préserver un trésor inestimable aussi bien pour la Jordanie que pour toute l’humanité. La ville est située sur l’une des grandes vallées supplantant Amman (1100m au dessus du niveau de la mer) et développe une grande industrie touristique. C’est le 2eme pôle économique du pays. Les trois heures de visite de la cité Romaine se sont défilés rapidement et J’ai eu, avant de sortir, à apprécier le spectacle Romain au niveau de l’Allée des guerriers, et la musique à la cornemuse qui a retentit au niveau du théâtre romain. Au fait le trio musicien (voir photo) est d’origine Palestinienne comme les 80 % de Jordaniens.

La vallée du Jourdain

Après un repas traditionnel fait de l’Hammos, fallafels et Kebabs, j’ai entamé avec mon guide la descente à la mer Noire. J’utilise le mot Descente parce que d’une part on a repris le chemin vers le sud et d’autre part parce que j’allais découvrir l’endroit le plus bas de la planète, il est situé à moins de 480metres au dessous du niveau de la mer, et la légende dit que c’est dans cette endroit que Dieu a englouti la population du prophète Lott ( kaoum Lott) d’ailleurs c’est pour cette raison qu’aucune vie ne peut exister dans cette mer d’où son nom morte. Mais l’explication scientifique est  que cette mer renferme une forte concentration de sel 10 à 15 fois plus que la normale, au point ou aucune vie de faune ou de flore ne peut subsister.

Le paysage de cette vallée du Jourdan est tout simplement beau. Au fur et à mesure que l’on s’éloigne du nord, on remarque plus de Bédouins .Mon guide m’expliquera que cette région dite du Dhiban ainsi que Wedi Eddihib est très fertile, elle représente 90% de la richesse du pays en agriculture, on y trouve, tout et notamment les oliviers,  les  tomates, les gros cornichons, les piments, les bananes, et les pois-chiches (d’où le fameux plat l’Hammos).

Ca flotte sur la mer noire

On me dit que la Jordanie arrive à s’auto suffire en matière d’agriculture et même  à exporter à certains pays limitrophes. Peu importe, moi  je reste concentré sur ce merveilleux paysage et sur cette mer qui commence à montrer ses bordures.

Le guide me glisse des bonbons à mettre dans la bouche, histoire d’éliminer le bourdonnement des oreilles à l’image de ce qu’on ressent quand on est à bord d’avion. En effet, la longue pente qu’on venait d’entreprendre et la descente rapide  font ressentir  une certaine pression. On venait juste de dépasser le niveau 0 de la mer et se diriger droit vers cette région qui se situe à – 480 mètres

A 15 heures j’arrive dans un des cinq hôtels luxueux qui bordent la mer Noire « Le Kempinski Hôtel Ishtar Dead Sea » Un impressionnant établissement aux 8 piscines, bâti de telles sortes que ces 318 chambres, villas et suites possèdent toutes une vue sur la mer morte. Une fois installé dans ma chambre, je découvre de mon balcon, cette mer  qui n’a de morte que le nom. Pleins de touristes sur le bord recouvert de pierres fines (pas de sables), il ya ceux qui « nagent » et ceux qui s’amusent à prendre des bains de boues. Je ne pouvais résister à la l’envie de le faire moi aussi  d’autant que le coucher du Soleil approche.

Mon short, ma serviette de bain  et Hop, me voila vivre une expérience unique. J’entre en mer à petit pas quand soudain l’eau, très visqueuse, soulève mes deux pieds, je ne pouvais plus tenir au point ou j’ai paniqué et perdu mon équilibre moi qui sait nager. Mon guide qui me suit toujours, m’a demandé de me calmer et de me laisser flotter soit sur le dos, soit sur le ventre, il m’expliquera que sur cette mer, on ne nage pas, on flotte. D’où cette grande sensation qui me donne l’impression d’avoir le poids d’une feuille morte.

Après un petit quart d’heure, Je sors de l’eau pour vivre une autre  sensation celle d’un massage à l’argile de cette mer, on dit qu’elle a des vertus guérisseurs contre les maladies de la peau tels l’acné et l’eczéma, ainsi que le rhumatisme articulaire, je me couvre de cette argile du haut en bas et je me laisse masser par Mouaàtaz un sympathique palestinien (encore un) employé de l’Hôtel.  Je reste le temps que ca se sèche et je replonge, euh pardon, je reflotte. Après une dizaine de minutes je ressors  et je remonte dans ma chambre avec cette  sensation d’avoir vécu de moments uniques et intenses. Le soir, après le diner, je me suis attablé sur une des nombreuses terrasses de l’hôtel avec un Libanais que j’ai rencontré sur les lieux, il m’expliquera que les lumières qu’on apercevait de l’autre rive sont celles des villes Israéliennes et Palestiniennes  et que la mosquée d’El Qods était sur l’autre versant de la montagne. C’est impressionnant  d’être à une vingtaine de Kilomètres de la ville sainte.

Le lendemain, le guide est venu me chercher pour faire le chemin inverse, Le Pick -up m’emmènera cette fois ci à l’aéroport d’Amman. Je quitte la Jordanie ,48 heures seulement, après mon arrivée, mais j’ai l’impression d’être resté plus d’un mois, tellement j’ai passé de moments inoubliables et vécu des sensations fortes

Abdelghani Talbi

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