J’ai visité pour Vous #2 : Djanet, Le paradis à ciel ouvert - Tourisme et Voyages
mardi , 19 novembre 2019
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J’ai visité pour Vous #2 : Djanet, Le paradis à ciel ouvert

C’est dans l’extrême sud Algérien que nous avons découvert un « paradis » à ciel ouvert. Djanet, la sublime, la fascinante ville en plein cœur du désert de tassili, Djanet entre les bordures frontalières de la Libye et du Niger, Djanet nous a accueillis pendant quatre jours. Juste ce qu’il faut pour découvrir les merveilles d’une région aux décors lunaires.

Djanet, situé à 2300 km au sud–est d’Alger (rien que ça !), au pied du plateau du Tassili N’Ajjer et à une altitude de 1000 m, la ville comme son nom l’indique est un véritable paradis à ciel ouvert, né de la préhistoire, elle est habitée par les Touareg qui avaient envahi l’oued « Idjriou » jadis seule source de vie de toute la région.

Dès notre arrivée, on est frappé par l’accueil chaleureux, le sourire et l’hospitalité de ces Touaregs, venus nous attendre, malgré l’heure tardive de notre arrivée (03h 30 du matin). La fatigue du voyage n’a pas empêché notre curiosité à vouloir comprendre l’origine du mot Djanet. Brahim, notre chauffeur, qui a, vite sympathisé avec nous, nous expliquera que Djanet  est le pluriel de Djenna, devenus El Djennat et qui veut dire paradis. Mais, il nous rappellera aussi, la légende de ce Targui qui, lorsqu’il faisait pâturer ses chameaux, et ne voyant plus ses chameaux, a cru qu’il les a perdus alors qu’ils étaient accroupis et penchés dans l’oasis, le Targui demanda son ami, ou sont les chameaux et  ce dernier lui répondit « Jennat » qui veut dire ils sont assis en Targui. C’est nous dit-on l’origine de l’appellation Djanet.

Des Espaces infinis et un paysage lunaire

Le lendemain, dès le début de notre aventure,  nous avons compris que dans ces contrées désertiques aussi fascinantes que séduisantes, la notion de temps n’a plus de signification, on a l’impression que le temps  allait s’arrêter dans ces espaces infinis, le paysage vous offre un tableau qui vous coupe le  souffle, et l’oasis, du grand art archéologique. On a pu le vérifier dès notre première halte, dans le lieu-dit «Tinrassou», les deux grottes perchées au sommet de la colline rocheuse cachent des peintures rupestres représentant des vaches, des girafes et autres animaux  qui témoignent l’existence d’une vie antérieure avant le désert.

Cette impression nous l’avons eu tout au long de nos excursions, que ce soit à Tin Amali,  à Isoudad,  à Essendilen, ou  à Tikoubaouine, partout nous sommes frappés par un paysage lunaire fait d’un mélange d’un sol rocailleux avec des couleurs variés et des dunes au sables d’or. Partout nous trouverons la trace de ceux qui ont vécu dans cette région à travers  des peintures rupestres et des écritures en Tifinagh (Alphabet Touaregs)  « Il existe plus de 5.000 gravures rupestres à ciel ouvert, ils sont tous classés patrimoine national »  nous explique le représentant de  l’office National du Parc Tassili, et qui nous a accompagnés tout au long de notre visite au Parc.

Un musée à ciel ouvert

C’est  comme un musée à ciel ouvert  avec ses nombreuses œuvres rupestres. Notre guide nous explique que le  Parc représente l’ensemble du plateau du Tassili, il est l’un des plus vastes au monde avec  80 000 km2 et se distingue par une grande richesse en faune et en flore. Ce qui lui a valu d’être classé patrimoine mondial de l’UNESCO. Le parc est devenu un lieu de pèlerinage des touristes qui viennent découvrir les nombreux œuvres qui représentent la grande faune des mammifères tels l’éléphant, l’hippopotame, la girafe, le rhinocéros etc… Tout  dans le parc est fascinant, la roche, les dunes, les gravures, la nature, le désert,  les pitons rocheux aux  divers formes,  l’immense ciel, tout nous rappelle que dans cet extrême sud, on préfère s’évader dans le temps et oublier les tracasseries et le stress quotidien.

Des endroits qui  fascinent

Plusieurs endroits m’ont fasciné au cours de ce voyage à commencer par Tin Zoumaitek, un endroit touristique et culturel  qui se trouve sur la plaine Tamghit, il se distingue par ses peintures rupestres de couleurs rouges et blancs, ils représentent des animaux et des figures géométriques, ainsi que le célèbre masque qui symbolise la personnalité de l’homme Targui.

Il y a aussi Sefar qui illustre parfaitement la période euphorique de l’homme. Les peintures qu’on retrouve dans cette localité représentent  des séquences de la vie quotidienne ainsi que la chasse aux animaux. La femme targuie  est également présente dans  cet épisode  qui remonte selon notre guide à plus 5000 ans …..

Tamghit est un endroit qui se situe à quelques Kilomètres de Djanet  et qui  prouve la richesse de cette région en matière de la faune et la flore. Cette région  met en relation l’union sacrée de l’homme Targui avec le Chameau. Nous avons eu à le vérifier à travers les nombreuses dessins et peintures rupestres qui mettent en évidence cet animal

Tadrart est une région qui se situe dans le Sud Est de la ville de Djanet. Elle se distingue par une grande richesse naturelle et culturelle. C’est la localité préféré pour les antilopes et notamment la gazelle. Le touriste est émerveillé par les paysages fascinants de cette région

Essendilen

C’est un Oued qui se trouve à environ 60 kilomètres de Djanet, il longe toute l’oasis de la région. C’est l’une des plus beaux endroits touristiques du plateau. Il est très prisé par les étrangers du moment que le terrain offre les plus belles  randonnés pédestres. Aussi les nombreuses plantes  et arbustes témoignent de la richesse biologique de la région.

 « La vache qui pleure » est un endroit fascinant situé à Tigharghat. La légende raconte que cette localité était jadis très riche en eau, c’était un lieu privilégié pour le pâturage, jusqu’au jour où la sécheresse  a gagné toute la région. Les  paysans voyaient ses vaches souffrir et entendait les gémissements de son troupeau de vaches, il ne pouvait rien faire  devant la force de la nature, et il n’a pu que graver des dessins représentant  deux vaches dont les yeux sont débordés  de larmes. Ces gravures rupestres sont  toujours visibles sur les vieux rochers de cet endroit qui porte le nom de ce triste épisode dans l’histoire des Touaregs

La roche éléphant, La nature a  façonné au fil des années un mélange de rochers et de sables  pour en faire des formes harmonieuses et sculptées par le vent et l’eau. Les figures sont différentes les uns que les autres, et certaines laissent le visiteur, dans un éblouissement  total. C’est le cas de cette roche qui a pris l’allure d’un immense éléphant, la couleur ocre de la roche qui culmine  en plein milieu  de sable jaune a donné à l’endroit plus de valeur et de fascination.

La danse du Sebiba

Lors de notre séjour à Djanet, des soirées artistiques animées par des orchestres Targuis de la région ont été programmées au niveau de la Khaima du Ténéré  village. Nous avons été gâtés par la musique Tindi  qui constitue l’une des richesses culturelles de la population Targui du Tassili. En plus  du rythme  fascinant et entrainant de ce genre musical, des membres de l’orchestre nous ont gratifiés des pas de danses de « Sebiba » Une danse rendue célèbre par l’homme bleu lors des fêtes commémoratives.

Notre guide qui maitrise, lui aussi cette danse, nous explique qu’au début de chaque année hégire (Moharrem), les Touaregs commémorent une page de leur histoire, il s’agit d’un pacte paix signé entre deux tribus Touaregs Oraren et les Tar’Orfit. La fête qui porte le même nom que la danse « Sebiba » dure plus d’une semaine (jusqu’au jour d’El Achoura), et met en valeur la richesse culturelle de toute la région.

Les pas de danses sont effectués principalement par les hommes qui  brandissent leurs armes tout en se couvrant de leurs habits riches en couleurs, les femmes composent l’orchestre et prennent le soin d’être bien maquillées et ornées de leurs plus beaux bijoux.  Cette féerie de musique et de danse atteint son point fort lorsque l’homme s’accroupie et fait le tour des femmes assises tout en émettant  des cris de guerres.

Le rituel du thé

Le thé, c’est connu,  est, par excellence, la boisson des gens du Sud. Partout et à toute heure, le thé est servi aux visiteurs et aux touristes. Mais le plus frappant est ce rituel de préparation que seuls les Touaregs détiennent le secret, il est, nous dit –on, le symbole de l’hospitalité du sud. Nous avons eu à apprécier ce rituel lors de nos excursions. Les guides et les chauffeurs qui nous ont accompagnés, se faisaient une grande joie pour nous préparer du thé à chaque pause ou escale. Ammi  Brahim, le Doyen, nous expliquera que traditionnellement, On sert  trois tasses, le premier est amer comme la vie, le second fort comme l’amour et le dernier doux comme la mort.

Abdelghani Talbi.

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