Adrar la magie du Grand Sud

Adrar est une région aux grandes potentialités touristiques. Des efforts ont été fournis pour la valorisation des différentes manifestations socioreligieuses et populaires, ainsi que sur le renforcement des structures d’accueil dans le but de promouvoir cette destination qui fascine et réveille un torrent d’émotions. 

De nombreux touristes nationaux et étrangers apprécient particulièrement cette région du Grand Sud qu’est Adrar. La direction du tourisme souligne avec fierté sur  son site web que la wilaya d’Adrar « occupe une vaste zone dans le grand sud-ouest, elle est considérée comme une région riche de ses divers trésors touristiques, culturels et artistiques, ce qui lui permet d’occuper une position distinguée en termes de fréquentation (flux touristique), du fait de la diversité de son patrimoine naturel et culturel»

En effet, la région a été un lieu de rencontre de diverses civilisations anciennes, ce qui lui a permis d’assister à de nombreux événements historiques importants car c’était un passage pour la plupart des caravanes se dirigeant vers le Sud du Soudan,  l’Afrique de l’Ouest et les pays du Sahel.    

La direction du tourisme relève l’organisation, tout au long de l’année, de près de 20 manifestations et fêtes socioreligieuses populaires et traditionnelles, recensées à travers la wilaya d’Adrar, dont des Maoussem et Waâda (fêtes populaires), aux dimensions nationales et internationales, ainsi que les festivals culturels constituant un autre levier pour la relance des activités touristiques dans cette wilaya aux multiples facettes touristiques. Les capacités d’accueil ont atteint 1347 lits, soit 650 chambres d’hôtel exploitées actuellement. Cette capacité a été renforcée par l’entrée récente en service de nouvelles structures hôtelières, dont la réouverture de l’hôtel “Touat” au chef-lieu de wilaya, après avoir fait l’objet d’une opération de rénovation et de modernisation, et l’exploitation d’autres installations touristiques, fruit de l’investissement privé, susceptibles d’offrir 1000 lits supplémentaires.

Un site historique

Le nom d’Adrar signifie «pierre, rocaille, mont» en berbère (en tifinagh) dans la région de Gourara. Elle se dresse à 1500 km d’Alger à l’extrême Sud du pays. La ville, promue wilaya en 1974 à la faveur d’un nouveau découpage administratif est limitée au nord par la wilaya d’El Bayadh, au nord-ouest par Béchar, à l’ouest par la wilaya de Tindouf. Au sud par le Mali au sud-ouest par la Mauritanie. Elle a également des frontières par le sud-est avec la wilaya de Tamanrasset et Ghardaïa par le nord-est. La région est formée par quatre zones géographiques majeures : Gourara ou règne pendant des siècles la flamboyante Timimoun, Tanezrouft, Tidikelt et Touat.

La région recèle beaucoup de gravures rupestres, les vestiges et les sites  historiques, monuments, sculptures, grottes féeriques ainsi que les ksour au nombre de 491 datant du XIe siècle. Adrar, avec près de 428 000 km² de superficie, dispose d’un important capital culturel, touristique avec environ 30 000 ans d’histoire. Des siècles d’histoires contemplent les dunes et des espaces sans fin. La marche dans ce petit bout de désert est comparable à un pèlerinage vers nos sources, nos racines.    

l'entrée d'un souk
Oasis, Rose de sables et Ksours

Adrar, c’est aussi une beauté indicible avec son chapelet d’oasis et champs de roses de sable, un ensemble de Ksours remontant très loin dans le temps.  Les disponibilités hydriques énormes en eaux souterraines, pour le développement de l’Agriculture Saharienne, la multitude de sites et paysages touristiques à travers le territoire de la Wilaya, de renommée mondiale, ainsi que l’activité de troc avec les pays voisins, font la base de son économie.  

Adrar a une véritable vocation touristique au regard des potentialités énormes et qui pourraient constituer un réel axe de développement régional dont les retombées positives sur les économies régionale et nationale ne sont plus à démontrer. L’existence de sites et oasis de renommée mondiale (Timimoun, Tamentit…), l’artisanat traditionnel et un patrimoine culturel très varié, font la richesse de ce secteur qui pourrait générer beaucoup d’emplois.      

Les ksours sont le produit d’une culture et d’un ensemble de valeurs morales, ils reflètent la capacité de la population de s’adapter et de s’intégrer dans des milieux contraignants et représentent ainsi un patrimoine hautement qualifié à causes de ses valeurs et ses qualités architecturales et urbaines. Ils se caractérisent par une architecture typique fortement liée dans  l’histoire par la disponibilité de l’eau et des matériaux de constructions.    

Fouggara, l’ancestrale distribution de l’eau

Le visiteur pourra connaître le fonctionnement de la fouggara et le mode de distribution de l’eau de la nappe albienne relevant d’un système traditionnel de captage et de canalisation des eaux dans les Ksours, système qui a survécu des siècles. La réhabilitation et la revivification de la foggara dans la région de Touat et Gourara, contribuent à sa classification dans la liste du patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.

Ce système ingénieux et pluriséculaire faisant partie de l’identité des populations sahariennes en général et de celles de la wilaya d’Adrar en particulier et composé de savoirs, de savoir-faire et de rituels enfermant de nombreux éléments du patrimoine immatériel transmis de génération en génération et allant dans le sens d’une gestion écologique des ressources de la nature et d’une exploitation rationnelle de la rareté de l’eau. Selon les statistiques officielles, il existe 1402 foggaras. Dans cette région, l’eau a fait jaillir la vie. L’homme s’y est fixé et y a planté des palmeraies. Sous ces dernières, il a créé des sources de vie (cultures maraîchères et fruitières). Il a établi un centre de vie sédentaire à travers les ksour qui sont devenus de véritables centres urbains.

un homme qui boit de l'eau depuis le fouggara
«Ahellil», un chant qui traverse les âges

Classé par l’Unesco comme étant un patrimoine immatériel de l’humanité (2005), il est aussi, vivace dans le Gourara. Ainsi, chaque année au mois de décembre/janvier, un festival, lui est dédié pour perpétuer cette tradition musicale auprès des franges de la société et sauvegarder des valeurs culturelles. C’est un chant soufi pratiqués depuis des siècles dans le Gourara, avec ces deux formes Takarebt et Ahellil, utilisant des instruments traditionnels locaux, il y demeure vivant auprès des populations qui en font un moment de plaisir, de communions et de convivialité durant les étés chauds et les mariages. Chaque année un festival des chants sacrés de l’Ahellil est organisé à Timimoun regroupant toutes les troupes du Gourara. 

un groupe de chant
La danse du sabre : un rituel et du spectacle

Les participants forment un cercle, la guerre est mimée, les épées sont remplacés par des bouts de bois et l’on danse sur des rythmes endiablés jusqu’à l’exaltation. Des hommes vigoureux émerveillent l’assistance par leur adresse à manier cette arme dangereuse. Leurs rôles codifiés glorifient une séduction tissée sur les arts de la danse, poésie, musique et conversation.  La Hadra est exécutée sous forme de face à face de 2 rangées parallèles des membres de la «fokra», qui chantent les louanges des Saints (Mad’h) et danse au rythme effréné des Bendirs.

Les khizanate, un fond manuscrit

Au fil des siècles et après la sédentarisation de nombreuses tribus et le mariage entre les cultures arabe, berbère et africaine, se constituera un foyer culturel homogène, propice à l’épanouissement des sciences et du savoir.Grâce à des échanges ininterrompus, la région du Touat acquiert une réputation de ville de sciences et de savoir qui rayonnera dans toute la sous-région. Cet épanouissement se traduira par la constitution de véritables centres universitaires et de bibliothèques prestigieuses. Production locale ou en provenance d’Afrique, principalement de Tombouctou au Mali ou de Chenguiti en Maurétanie, ou bien originaires des grandes métropoles intellectuelles du Maghreb : Fès, Béjaîa, d’Andalousie, du Machreq ou des autres pays musulmans, notamment des ouvrages en provenance des Lieux saints de l’Islam. On y trouve  la plus ancienne copie des œuvres de l’Imam Malek Ben-Aness, fondateur du rite malékite, transcrites, depuis le 5ème siècle de l’Hégire (10ème siècle après JC), sur des peaux de bêtes, une copie du “Moshaf El-Othmani” (édition ottomane du Coran) remontant à plus de 13 siècles en plus d’une copie de “Sahih El-Boukhari” écrite en eau dorée.      

Richesses et diversités artisanale

L’artisanat repose sur une large gamme d’activités comme le tissage, la tapisserie  (fatis) et l’habit traditionnel (le burnous, la djellaba, Rihia), la poterie en argile cuite et la poterie noire, la dinanderie, la maroquinerie (chaussures en cuir, portemonnaies, sacs à main..) et la vannerie. La bijouterie est encore présente dans les arts populaires, un retour aux sources, a valorisé la bijouterie traditionnelle (fibules, bagues, bracelets, Kholkhal…). Les bijoux Touareg séduisent de plus en plus de clients, grâce à la créativité des artisans qui ont innové et donné un nouveau design à ces orfèvreries.

Des saveurs inégalables au thé à la menthe

Le terroir et les cuisines locales et régionales sont des composants indéniables du tourisme et participent à la valorisation et à la renommée de ce territoire.  

L’art culinaire est aussi riche, les mets d’une senteur inégalable par l’usage de véritables mélanges d’épices finement préparées, donnent, des gouts et des saveurs étonnantes : couscous, soupes, Hassoua, Khobz Chahma (pain sans levain farci avec un mélange d’oignons, de graisse et d’épices), et le plat royal «méchoui». Le thé à la menthe, suivant un cérémonial ordonné, est également très apprécié des invités  pour digérer et prolonger la discussion. Le thé est plus qu’une boisson rafraichissante, c’est le symbole de la convivialité et de l’accueil. Le rituel se déroule devant les invités.