Brahim Aflah Hadj Nacer (Manager général) « Il y a de quoi écrire un livre sur l’Algérie »

Le responsable de Zyriab Voyages est l’un des plus anciens voyagistes sur la scène d’Alger. Il analyse et évalue avec lucidité les tendances des voyages et la trajectoire du tourisme en Algérie. Pour lui, le secteur du tourisme est en pleine mutation dans le monde, il est également bousculé par la transformation digitale.

Que représente pour vous une agence de voyage ?

Les agences de voyages sont un métier et pour l’exercer, il faut beaucoup de critères et un professionnalisme, on ne doit pas se contenter d’un diplôme supérieur.

Les clients veulent des interlocuteurs experts. Nous devons avoir une bonne connaissance des produits que nous proposons et que nous conseillons nos clients judicieusement et avec objectivité. L’accueil et les relations humaines restent essentiels. Un agent de voyages ne doit pas être un simple « preneur de commandes ». Les agences ont beaucoup d’atouts à faire valoir, il faut bouger et s’adapter sans cesse, apporter un service « plus » aux clients à qui nous nous devons de faire valoir notre valeur ajoutée.

Qu’en est-il du Zyriab, votre agence

Notre agence a un slogan accrocheur : « de vos rêves, nous faisons un voyage ». Notre ambition : donner envie de voyager dès que le client pousse la porte de l’agence. Notre site web est en plusieurs langues français, espagnol, anglais et allemand, de quoi cibler une clientèle nationale et internationale. Nous avons investi le digital il y a bien longtemps avant les incitations gouvernementales. Il faut apprendre à se faire connaître et à vendre par les outils de notre siècle sinon nous resterons sur la touche.  

La crise sanitaire du Covid-19 a eu un effet négatif sur l’activité. Le plus dur est-il derrière vous ?      

La majorité des agences de voyages et de tourisme sont à l’agonie, beaucoup ont déjà baissé rideaux et ne pourront pas rouvrir sans une aide. Elles sont sans ressources depuis mars 2020, ce qui a un impact sur les employés, si on prend une moyenne de 4 employés par agence, à raison de 3500 agences, je vous laisse faire le calcul, ce sont des travailleurs qui se retrouvent sans ressources puisqu’une majorité de voyagistes ont cessé de payer leurs employés dès le début de la crise, depuis avril 2020.   

La reprise des vols intérieurs est une demi-mesure, vu que l’essentiel de nos activités ne se fait pas sur la vente des billets des vols intérieurs. Ceci dit, ça a l’avantage de nous aider à vendre le Grand Sud. Cela va aussi relancer les packagings et réactiver la convention avec Air Algérie et les hôtels. En d’autres termes, cela fera travailler les hôtels, les résidences et les partenaires du Sud.

La destination Algérie retrouve des couleurs ?

Sur la destination Algérie franchement, il y a de quoi écrire un livre. Une chance unique pour booster le tourisme interne : la Covid-19 nous a permis de booster cette destination et les Algériens prennent beaucoup de goût à découvrir leur pays.

Partout dans le monde, les choses ont énormément changé, bougé et évolué. Le tourisme d’hier n’est plus celui d’aujourd’hui, on n’en est pas aux années 70/80. Il n’y a aucune honte à copier, ou du moins de s’inspirer du modèle des grandes destinations touristiques qui ont fait leurs preuves et qui drainent des milliers de touristes par an.