Constantine, la ville aux mille secrets

Constantine dispose de nombreux sites touristiques à visiter. Les touristes se rendent  principalement à la Casbah (Souika), à la Mosquée Emir Abd-El-Kader, aux monuments aux morts ou encore à l’arche naturelle de Constantine.

Des sites comme le pont d’El-Kantara, le musée national Cirta, ou encore le musée Gustave Mercier attirent également les visiteurs. Le pont d’El Kantara fut construit par Salah Bey en 1792 sur les ruines d’un ancien pont romain. On peut faire de belles photos à partir du pont pour des souvenirs. «Je ne manque jamais d’admirer la vue sur le précipice au fond duquel tonne l’Oued Rummel 200 m plus bas ! Le panorama de la Médina s’offre également à la vue des promeneurs ainsi que l’autre vue (à partir du côté opposé du pont) sur le pont suspendu et l’hôpital accroché aux flancs du Rocher» témoigne un touriste. «Un pont magnifique trop bien fait mais vraiment ça fait peur de traverser avec tous ces vibrations surtout en voyant la hauteur, il lumine dans la nuit avec de très belles couleurs. Vraiment à ne pas rater» ajoute un autre promeneur.

La Souika, diminutif de souk (petit marché) est la survivance de la Constantine de l’époque ottomane. Ce quartier se situe principalement dans un triangle fermé à l’est par les gorges du Rhumel, au sud-ouest par le prolongement du pont de Sidi Rached et au nord par l’ancienne rue Nationale. Il a gardé son caractère authentique, un lieu très vivant où l’on trouve de nombreux petits commerces. L’habitat garde les caractéristiques des maisons traditionnelles construites autour d’une cour intérieure.   La Souikaest le plus vieux quartier faite de maisons agglutinées, frileuses, s’accrochant les unes aux autres. Malheureusement, ce célèbre quartier  tombe en ruines dans un silence absolu ! Classée en 1990 patrimoine national, la Souika  regroupe pas moins de 3000 commerces, une casbah aux toitures de tuiles rouges…

Café Nedjma, la mémoire !

Le café Nedjma était le rendez-vous des intellectuels d’antan et des nationalistes algériens. C’est toute une mémoire et tout un système de repère qui a jalonné son passage à travers diverses stations civilisationnelles que porte en son sein la vieille ville de Constantine. Il s’agit avant tout d’une identité culturelle complexe et dynamique, qui tient non seulement à son ancienneté ou à ses expressions architecturales et artistiques majeures, mais aussi à d’autres facteurs qui peuvent jouer un rôle très important au niveau local : la signification des espaces historiques dans la mémoire collective et leur capacité de représenter et évoquer les racines profondes et les éléments les plus partagés de la culture locale ou nationale et la stratification de fonctions, d’activités et de savoirs traditionnels qui marquent aussi bien l’articulation physique que l’utilisation sociale des espaces. Elle a la force de l’authenticité de ses ruelles, ses places, ses échoppes, ses maisons et ses édifices qui viennent enrichir, chacun à sa manière, le répertoire de l’habitat traditionnel algérien en entier.

L’homme est plus haut que l’aigle !

Constantine est la ville des ponts suspendus qui a été construite sur un rocher de plus de 600 m d’altitude, entourée de profonds ravins, traversée par le Rhumel, tout ceci a donné à la ville sa puissance de citadelle. Cirta Constantine fut édifiée environ 3000 ans avant J.C., les Numides étaient les véritables habitants. On conserve les Grottes des Ours et du Mouflon dont la majorité du mobilier archéologique se trouve actuellement au musée de Cirta. Massinissa était roi de Numidie, il fit de Cirta (Constantine à l’époque) la capitale de son royaume. Cirta connut rapidement un essor économique extraordinaire. Cet essor fut favorisé par la position géographique même de la ville. La ville fut prise par les romains, et reçue le nom de Constantine en hommage à l’empereur romain Constantin. L’arrivée de la civilisation musulmane donna à la ville une autre dimension, à savoir une dimension culturelle, scientifique et religieuse. La ville fut conquise par les français en 1837, après deux sièges (le premier ayant été en 1836, s’est soldé par la défaite de l’armée française). Elle connut une autre étape de son histoire tumultueuse. Constantine garde en elle les traces de toutes les civilisations qu’elle a connues. L’empereur Constantin qui lui céda son dernier nom, disait de cette ville que c’est le «seul endroit au monde où l’homme est plus haut que l’aigle».      

L’impression d’être dans un jardin d’éden

Constantine, carrefour des civilisations, offre les curiosités d’une médina, une «cité des passions». Son antique Rocher la supporte, la protège et l’enserre comme un burnous déplié. Une ville mondaine où du temps de Massinissa et de Sophonisbe, on organisait des banquets agrémentés d’orchestres venus de Grèce (Rhodes). La moquée Emir Abd-El-Kader est un véritable chef d’œuvre architectural au cœur de la ville des ponts suspendus, elle incarne la splendeur de l’architecture arabo-musulmane dans toute sa finesse et sa pureté. Il y a deux sortes de décoration, géométrique et florale qui donne l’impression d’être dans un jardin d’éden. Il y a deux hauts minarets fins et élancés. La mosquée Emir Abdelkader, qui jouxte l’Institut des sciences islamiques inauguré en 1984, s’étend sur une surface de 11 000 m2. Elle peut contenir plus de 10.000 fidèles. Le choix du projet est venu suite à une décision politique. Des centaines d’artistes, de sculpteurs, de calligraphes algériens et étrangers, ont participé à la décoration de cette mosquée.

Le Monument aux morts

Vestige touristique et historique, le Monument aux morts de la ville de Constantine, niché sur le dominant rocher de Sidi M’cid, attire de nombreux visiteurs de tous les âges en quête d’oxygénation et de détente. Des citoyens s’y refugient en groupe d’amis et en famille pour fuir la pollution sonore de la cité. La notoriété du monument aux morts de Constantine a dépassé les limites de la wilaya voir même du pays. Les visiteurs étrangers de la ville saisissent leur séjour pour se rendre vers ce site.  Cet arc de triomphe de 21 mètres de hauteur offre un panorama exceptionnel. Il est inspiré de celui de Trajan situé dans les ruines de Timgad. Il est surmonté d’une statue de la victoire réalisée par le sculpteur Ebstein, inspiré d’une statuette romaine en bronze nommée la victoire de Constantine, retrouvée lors de fouilles dans la cour de la Casbah (visible au musée Cirta). Sous les arches du monument, dans les quatre niches creusées se trouvaient les bustes des maréchaux vainqueurs de la Grande Guerre : Foch, Joffre, Franchet d’Esperey et Pétain. Aujourd’hui, l’une d’entre elles abrite les plaques gravées en mémoire des 809 soldats originaires de Constantine et ses environs, décédés au cours de ce conflit. Cette œuvre architecturale, à laquelle on a accès après avoir gravi 36 marches, n’a toutefois pas été totalement terminée. En effet, faute de crédits, les six lions de marbre qui devaient agrémenter l’esplanade du site n’ont jamais été réalisés par le sculpteur Joseph Alexandra.

L’hôtellerie affiche ses étoiles

La rénovation et la modernisation des hôtels Panoramic et le grand hôtel Cirta Constantine ont été confié à la SIH. L’hôtel Panoramic de Constantine qui devient après rénovation l’hôtel Protea 3 étoiles de la chaîne Marriott. Il compte 72 chambres et suites, il est en exploitation depuis janvier 2018. Le grand hôtel Cirta de Constantine qui fait partie du patrimoine identitaire de la ville et qui a bénéficié d’un programme de restauration, de rénovation et de modernisation pour devenir le Grand hôtel Autograph Collection by Marriott palace, il compte 56 suites. La marque Autograph Collection est accordée à des hôtels d’exception de par «leur architecture, histoire, authenticité et originalité» et c’est le cas du Cirta bâti en 1912. Il sera proposé au futur touriste le charme d’un hôtel centenaire, un argument marketing fort. Ce qui va contribuer qualitativement à l’amélioration des capacités d’accueil de l’antique Cirta et relancer, à coup sûr, la concurrence entre les grands groupes hôteliers. Marriott Constantine  est situé à proximité de la cité des Arcades romaines à 7 km de l’aéroport international, à 3 km de la mosquée l’Emir Abdelkader et à quelques minutes à pied de deux stations de Tramway. L’hôtel de haut standing vise une catégorie de voyageurs à haute contribution (une clientèle affaire). Les clients peuvent venir aussi pour se restaurer, seuls ou en groupe.

Patrimoine immatérielle et trésors millénaire

Constantine et sa région regroupent un grand nombre d’activités artisanales de toutes sortes : bijoux, broderie, dinanderie, travail du bois, poterie.

Le malouf est le répertoire de la musique andalouse de Constantine, il s’agit d’une variante de la musique arabo-andalouse. Elle est à l’origine influencée par l’école de Séville, et plus tard, par la musique ottomane. Le Malouf est une musique vivante, même si ses modes savants et, surtout, sa transmission orale l’ont soumise à bien des vicissitudes. C’est une musique classique algérienne héritière de la Musique arabe, à l’origine basée sur un système de 24 Noubates, qui sont les règles théoriques et inchangées depuis la fin du IXème siècle. Le malouf reste un genre des plus appréciés dans les fêtes, les concerts et toutes les manifestations du genre pas seulement dans le Constantinois, mais dans toutes les régions du pays. Et  lorsque s’égrainent les premières notes du «cheikh» qui annonce la mélopée infatigable qui va vous bercer langoureusement, il suffit de fermer les yeux, de laisser votre cœur vibrer à chacune des mesures du luth et de la cithare, pour l’apprécier. Apprécié par tous, le malouf, ce visiteur insolite, dès ses premières notes va habiter chacun de nous, jusqu’à le domestiquer. Le profane comme le connaisseur, le raffiné comme le frustre, l’accueilleront comme on reçoit la vie. Le Chant Aissaoua de Constantine est présent lors de la célébration des mariages pour perpétuer les traditions et coutumes.

Sur les routes des saveurs

Constantine est un berceau qui abrite différents arts traditionnels et culturels, son art culinaire traditionnel. La cuisine traditionnelle de Constantine est un vecteur de relations culturelles entre les générations d’antan et actuelle. Cette ville millénaire est sillonnée par l’acheminement de beaucoup de civilisations qui n’ont fait qu’enrichir son patrimoine culinaire. Cette cuisine laisse de nombreux témoignages grâce à ces modes de cuissons, son régime alimentaire, par la diversification de ses pains qui constituent un aliment de base obligatoire, ses pâtes fraiches riches et variées par leur compositions multiples, cette alimentation est complétée par les mères et grand-mères par la viande  fraiche (mouton, bœuf et volaille) pour les grandes occasions et
cérémonies, les plats, les gâteaux et confiseries qui éveillent Constantine par leur odeurs d’eaux de fleurs d’orangers, d’eaux de roses distillées périodiquement laissant les parfums et les saveurs envahir ses ponts et ses quartiers qui sont : m’haouar-tbikh- gritliya- gambos-ch’behsafra- trida- chekhchoukha-bakalaoua- makroud elkoucha- makroud el makla- taminete el laouz- ktaief- el djaouzia- gzil elbnet et la liste est longue…