Coronavirus : Le sonnette d’alarme de l’IATA

Le Président de l’IATA Alexandre de Juniac vient de demander aux chefs de gouvernements d’aider les compagnies aériennes à hauteur de 200 milliards de dollars afin de ne pas voir certaines disparaitre dès le mois de Mai.

Cette aide pourrait prendre la forme d’un « soutien financier direct » aux transporteurs de passagers et de fret pour compenser le manque à gagner et peut se traduire soit, par des prêts et des garanties consentis par les gouvernements et les banques centrales, soit par des allégements d’impôts et de charges sociales.  

«La crise que traverse le secteur est bien plus grave et plus étendue qu’après [les attentats du] 11 septembre, l’épidémie de SRAS [en 2002-2003] ou la crise financière mondiale de 2008, les compagnies aériennes luttent pour leur survie. De nombreuses liaisons ont été suspendues en Afrique et au Moyen-Orient et la demande a chuté de 60 % sur les liaisons maintenues », prévient Alexandre de Juniac.

Selon l’Iata, la part du transport aérien dans l’économie africaine est de 55,8 milliards de dollars, il favorise 6,2 millions d’emplois et contribue à hauteur de 2,6 % au produit intérieur brut du continent. Au Moyen-Orient, ces chiffres sont respectivement de 130 milliards de dollars, 2,4 millions d’emplois et 4,4 % du PIB. Dans ces deux régions, les transporteurs ont lancé des plans d’économie pour limiter l’impact de la pandémie mais leurs réserves de trésorerie ne dépassent pas les deux mois.

Si le transport aérien est le premier touché, il sera également le premier à accompagner la reprise économique : «quand la reprise viendra, si le transport est affaibli, il n’y aura pas les connectivités nécessaires pour faire repartir les affaires», a-t-il justifié. Pour l’heure, l’IATA prévoit une courbe d’activité économique en U, où la chute serait suivie d’abord d’une stagnation. «Il faut des engagements extrêmement massifs et rapides, sans quoi le tissu économique sera très abîmé», s’est inquiété son président.