Coronavirus : les agences Tours Opérateurs algériennes en difficultés

Le secteur du tourisme et des voyages en Algérie à l’instar de la majorité des destinations mondiales est fortement impacté, à tous les niveaux, par la crise sanitaire du Covid-19. 

Tourisme et voyages a enquêté et propose à ses lecteurs quelques indicateurs. Les réservations de voyages et de déplacements professionnels sont à l’arrêt. Qu’il s’agisse d’agences spécialisées dans le tourisme à l’export (outgoing) ou réceptif, de tourisme de niche, MICE (activités hôtelières et touristiques liées aux événements d’entreprise) ou hadj et omra, l’ensemble de la profession est en sursis

Dans ce cadre, Senouci Lies, secrétaire général du SNAV et général manager de l’agence Saphir tours, parle carrément d’«un plan de sauvetage» et affirme que des correspondances dans ce sens ont été adressées au chef de l’Etat, au Premier ministre et au ministre du Tourisme, de l’Artisanat et du Travail familial. 

Mourad Kezzar, consultant formateur en tourisme, a souligné dans une contribution que «les agences Tours Opérateurs algériennes se retrouvent devant des difficultés liées aux packages Omra, tourisme national et tourisme émetteur hors Omra».  

Pour les forfaits Omra, ces derniers ont été annulés à partir du 27 février 2020. Des agences avaient, entre temps, engagés des dépenses liées à ces vols auprès de fournisseurs institutionnels (taxe visa), de transporteurs aériens, d’hôteliers et de fournisseurs des prestations au sol. «Ces mêmes TO, et dans le cadre des commandes pour l’ensemble de la compagne Omra Ramadhan 2020, ont toujours des avances sur allotements de sièges chez les compagnies aériennes, de nuitées chez les hôteliers saoudiens. Les TO ont obtenu l’accord des autorités saoudiennes pour la restitution de la taxe omra, des frais engagés pour l’hôtellerie et les prestations au sol pour les voyages annulées pour cas de force majeur», analyse-t-il. 

Seule la restitution de la taxe Omra a été concrétisée et les sommes restituées seront versées dans les sous- comptes de ces TO ouverts en Arabie saoudite. Sauf que ces sommes ne peuvent pas être rapatriées en Algérie.   

Et comme la compagne Omra du ramadhan est annulée, ces TO doivent attendre la nouvelle compagne Omra (2020-2021), soit octobre 2020, pour récupérer ces sommes par compensation, y compris sur le marché parallèle.

Pour les sommes engagés à titre d’avance sur les prestations hôtelières et au sol, la solution retenue est l’émission par les partenaires saoudiens de factures d’avoir valables jusqu’à la prochaine compagne Omra donc à partir d’octobre 2020.        

Pour les sommes engagées auprès des compagnies aériennes, la compagnie aérienne saoudienne et la compagnie aérienne turque «observent toujours un silence face aux doléances des TO algériens alors que la compagnie Air Algérie propose de récupérer les sommes dues sur les situations des prochaines ventes des vols secs une fois le ciel ouvert». 

Pour les forfaits tourisme national, les agences qui ont programmé le Sud algérien ne seront pas remboursés par Air Algérie qui propose des «factures d’avoir à consommer après le retour à la normal».

Pour les forfaits tourisme émetteur hors Omra, les TO qui avaient lancé des programmes hors Algérie pour les vacances de printemps, sont les plus exposés.        

Les hôtels turcs et égyptiens ne sont pas prêts à rembourser le montant des déposits car eux aussi sont confrontés à des crises de trésorerie.

Toutefois, ces déposits garantiront les commandes dès retour à la normale de la situation. Pour la billetterie aérienne, «c’est toujours la formule des factures d’avoir qui est proposée», selon Mourad Kezzar.