Participation dans les salons du tourisme : Quel bilan pour l’Algérie?

BIT Milan, foire internationale du tourisme de Budapest, IT Berlin, les participations de l’Office national du tourisme (ONT) aux salons et foires étrangers se sont succédés ces derniers temps à un rythme régulier.

Au-delà de ces participations, les observateurs se posent une question pertinente et centrale : l’Algérie a-t-elle réussi à attirer plus de touristes ou au moins améliorer sa visibilité à l’international ? Si certains sont optimistes, d’autres pensent que ces participations sont loin de répondre aux objectifs fixés.  

Pour l’ONT,  l’équation est simple : il s’agit de «la mise en œuvre du plan d’action de l’Office National du Tourisme pour l’année 2019, notamment en ce qui concerne la promotion de la destination Algérie». La conception du stand Algérie se veut être «inspirée de notre patrimoine architectural et culturel». Il est équipé de façon à «permettre aux opérateurs présents de faire la promotion des produits touristiques algériens et de chercher à les commercialiser dans les meilleurs conditions, les atouts liés au tourisme saharien en particulier seront mis en exergue». La projection de vidéos et de photos est également prévue, ainsi que la distribution aux visiteurs de supports publicitaires, parmi lesquels des dépliants et des CD. 

Une présence ponctuelle

En réalité, l’ONT ne doit pas être un simple monteur de stands mais une véritable institution qui donne envie, sinon de venir en Algérie, au moins de la découvrir par l’image et la vidéo et envisager de la visiter dans les plus brefs délais. La participation aux salons internationaux du tourisme demeure une présence ponctuelle et insuffisante au regard des moyens déployés par les autres nations régionalement concurrentes (Tunisie, Maroc, Egypte, Turquie). Les représentants algériens n’ont même pas l’occasion de rencontrer les responsables et se contentent d’échanger des cartes de visites au mieux avec des commerciaux derrière des stands, au pire avec des vendeurs de produits.

Alors que le Maroc, qui a franchi le cap des 10 millions de touristes, dispose d’un stand de 200 m2, l’Algérie n’a en moyenne que 100 m2. Plus de 2000 journalistes représentant des médias généralistes et spécialisés assureront la couverture de ces grands rendez-vous touristiques. Information reprise dans les communiqués de l’ONT. Mais à chaque participation, les journalistes algériens ne sont pas invités à faire partie de la délégation. On évoque actuellement la mauvaise conjoncture économique du pays et un budget insuffisant mais force est de reconnaître que même du temps de la prospérité économique, les journalistes ne faisaient que rarement le déplacement. Et lorsqu’ils étaient du voyage, ils ont été triés sur le volet beaucoup plus pour parler d’un déplacement d’un ministre que pour couvrir l’événement en lui-même. Le rôle du journaliste spécialisé qui accompagne le développement du secteur doit être clairement défini et mentionné. Ce n’est pas juste un «rapporteur des activités ministérielles» mais un partenaire à part entière qui éclaire et oriente par ses écrits et autres contributions.

Ne pas se tromper de cibles

Il y a quelques années, Cherif Ali, Cadre Supérieur en retraite avait écrit dans liberté « Pour l’instant, l’Office national du tourisme (ONT) est à court d’idées, après s’être dépensé (inutilement ?) dans les salons internationaux de second plan, voire insignifiants et dont la cible de clientèle, en termes de marketing ne correspond pas aux deux produits algériens phares “saharien et balnéaire” ; il s’agit des salons de Moscou, Budapest (Hongrie), Varsovie (Pologne), Tunis, Casablanca et le Caire. (…) Les pays européens de l’Est s’intéressent au produit balnéaire de qualité et bon marché et présentement, seule la Tunisie les intéresse et les attire grâce à sa politique d’ouverture et ses prix imbattables !»Aujourd’hui nous sommes tentés de réécrire ces notes puisque rien n’a changé d’un iota.

Des insuffisances évidentes et criantes

Force est de reconnaître que malgré les efforts constatés dans ces présences aux salons internationaux, les insuffisances demeurent évidentes et criantes. On assistera, alors et inéluctablement, à des actions incohérentes, non ciblées et forcément inefficientes et peu crédibles. On se retrouve avec des budgets réduits au moment ou les besoins en communication et promotion sont énormes. Un des avantages et pas des moindres lors des participations à ces salons à l’étranger est l’analyse et l’évaluation des produits. Jetez un œil sur les concurrents et voir comment ils s’y prennent. Qu’il s’agisse de marketing ou encore des prix, les autres participants pourront facilement donner de l’inspiration. En les observant, il sera facile de trouver la stratégie idéale à adopter pour ramener plus de monde vers la destination Algérie qui devra être appréciée et prisée davantage par les amoureux des voyages. C’est aussi une plateforme pour permettre de créer de nombreux contacts tant auprès des visiteurs que des professionnels de l’industrie du voyage. Les consommateurs peuvent toucher, voir, entendre, sentir les produits. C’est la seule forme de marketing quiencourage tous les sens.