Saïd Bakhti (Directeur General du Thalassothérapie de Sidi Fredj) : « Désormais, on peut offrir des prestations de qualité supérieure »

Mr Bakhti, le centre de thalassothérapie de Sidi Fredj a bénéficié d’une vaste opération de mise à niveau et de modernisation. Il va rouvrir incessamment. En quoi a consisté cette opération et quels seront les avantages ?  

Le projet de modernisation du complexe de thalassothérapie a été décidé par les pouvoirs publics en 2011 et concrétisé par résolution du CPE. Nous avons ensuite commencé la préparation de la rénovation avec le lancement des études en 2014, finalisées en 2015. Nous avons lancé juste après des appels d’offres pour sélectionner un bureau d’étude qui est en service, suivis d’un appel d’offre national et international pour sélectionner des entreprises qui devraient réaliser les travaux de modernisation de cette structure.

C’est une vaste opération

En réalité, il y a eu deux opérations, la première consistait en la réhabilitation du complexe et l’hôtel existant et la deuxième concerne la réalisation d’un nouvel hôtel (extension) un complément d’activité qui consiste en la réalisation d’une clinique de bien-être (hôtel) qui sera alimentée également à l’eau de mer (thalasso). Nous avons lancé les travaux de réhabilitation du bâtiment existant en Avril 2016 pour un montant de 3 milliards de DA. Nous sommes à 98 % des travaux et nous avons prévu la réception de ce projet d’ici  fin mars (pré openning).

Pour l’hôtel de remise en forme, c’est  une clinique de bien-être de 33 chambres (66 lits) et 5 suites avec un grand espace de soin. La nouveauté, c’est la création d’autres activités de bien-être : la cryothérapie, un procédé qui n’est pas beaucoup utilisé en Algérie, certains centres utilisent cette technique de remise en forme dans le cadre de la récupération, notamment au profit des athlètes de performance. On a acquis cette machine qui sera installée dans cette clinique.

Peut-on savoir pourquoi vous avez opté pour l’extension au lieu de se limiter à la rénovation du centre de thalassothérapie ?

A l’époque, nous étions submergés par les demandes des clients qui voulaient faire la récupération et de la remise en forme. Ainsi, nous avons pris la décision de séparer les deux activités. Les activités des curistes, des malades de certaines pathologies qui sont prescrites par les médecins traitants et ceux qui vont venir pour la remise en forme. Nous avons décidé de ne plus les mélanger.

Nous avons en outre élevé le niveau de la prise en charge de la clinique de bien-être, c’est un hôtel de 4 étoiles, le bâtiment existant restera un 3 étoiles.

Dans le cadre du lancement de ces deux activités, vous avez du étudier la politique tarifaire et commerciale en proposant des prix assez intéressants.

Bien sûr, les tarifs par rapport à l’hôtel existant seront  très étudiés, nous faisons en sorte qu’ils soient à la portée de l’ensemble des couches sociales. Un effort particulier a été déployé dans ce sens sans négliger toutefois que nous sommes une entreprise économique qui doit faire des profits pour maintenir ce centre à un haut standing surtout pour la clinique de Bien-être. Notre philosophie est la suivante : au lieu de passer des vacances et aller en thalasso dans des pays voisins ou en Europe pour la remise en forme, l’Algérien le fera ici dans son pays, ce qui lui reviendra moins cher si on tient compte des frais de voyage et de la prise en charge à l’étranger. Cela économisera pour le pays des sorties en devises et relancera à coup sur le tourisme interne et le secteur du thermalisme en général.

Peut-on connaître le profil et le type de clientèles que vous ciblez ?

Depuis la création de ce centre, on a eu trois types de clientèles différents : il y a ceux qui viennent par le biais des caisses de sécurités (CNAS, CASNOS, mutuelles), ceux qui viennent par le biais des œuvres sociales des entreprises publiques et privées, des organismes et des administrations qui entrent dans le cadre des différentes conventions que le Groupe HTT a signé depuis plus d’une année avec l’UGTA  et «les curistes libres», c’est-à-dire ceux qui viennent pour faire des soins en externe ou des réservations de 2 à 5 jours. On loue des lits, l’activité principale reste la thalassothérapie et l’hôtellerie vient soutenir cette activité.

Toutes les activités s’inscrivent dans le cadre du programme de développement adopté par le Groupe HTT dont l’entreprise est une filiale. Le HTT a été créé en 2015 pour booster le tourisme national et mettre en œuvre un ambitieux programme de rénovation de l’ensemble des structures publiques. Toutes les opérations de réhabilitation ont été lancées et cette année, le groupe réceptionnera quelques projets dont le centre de thalassothérapie de Sidi Fredj. Il y a eu aussi des reprises d’hôtels tels que le Riadh de Sidi Fredj et d’El-Hidab de Sétif après l’échec de leur privatisation. Nous nous préparons à réceptionner ce projet dans de bonnes conditions surtout que nous avons reçu un soutien total et précieux du ministre du tourisme Abdelkader Benmessaoud  et c’est ainsi qu’on a pu avancer dans ce projet de manière significative. Nous avons arrêté provisoirement fin mars pour sa réception. Nous avons refait à 100 % la conduite de l’eau de mer et les supports implantés au large qui captent l’eau de mer à une distance de 300 mètres du rivage, l’ancienne conduite était complétement endommagée.

Cette rénovation et extension va aussi vous permettre de préparer convenablement la saison estivale où vous avez des atouts à faire valoir.

Le centre de thalassothérapie est situé sur un plateau rocheux avec plusieurs criques attenantes au complexe. Nous avons réalisé des investissements au niveau de la grande crique où nous avons prévu un «parcours de santé» pour les curistes sous forme de graviers roulés pour le drainage des pieds.

Nous avons la double vocation thermale et balnéaire. Pendant l’été, il est très difficile de trouver des clients qui viennent pour la thalassothérapie. Nous allons exploiter l’activité balnéaire et préparer la saison estivale en mettant les moyens pour un bon accueil. Nous comptons beaucoup sur la promotion de ce complexe pour accueillir dans les meilleures conditions les touristes et les ressortissants algériens vivant à l’étranger.

La stratégie  de promotion rentre dans le cadre d’une stratégie globale que va mettre en place le groupe HTT, nous allons à la conquête de nouveaux clients mais il faut dire que la demande est très forte pour faire des concessions sur les prix. Le Taux d’occupation du complexe pendant toute la saison avoisine les 90 %, plus tard quand il y aura une vraie concurrence sur le marché (investissements sur des projets de thalassothérapie) avec des sites similaires au notre, on pourra faire des promotions.

Cette rénovation et extension va aussi vous permettre de préparer convenablement la saison estivale où vous avez des atouts à faire valoir.

Le centre de thalassothérapie est situé sur un plateau rocheux avec plusieurs criques attenantes au complexe. Nous avons réalisé des investissements au niveau de la grande crique où nous avons prévu un «parcours de santé» pour les curistes sous forme de graviers roulés pour le drainage des pieds.

Nous avons la double vocation thermale et balnéaire. Pendant l’été, il est très difficile de trouver des clients qui viennent pour la thalassothérapie. Nous allons exploiter l’activité balnéaire et préparer la saison estivale en mettant les moyens pour un bon accueil. Nous comptons beaucoup sur la promotion de ce complexe pour accueillir dans les meilleures conditions les touristes et les ressortissants algériens vivant à l’étranger.

La stratégie  de promotion rentre dans le cadre d’une stratégie globale que va mettre en place le groupe HTT, nous allons à la conquête de nouveaux clients mais il faut dire que la demande est très forte pour faire des concessions sur les prix. Le Taux d’occupation du complexe pendant toute la saison avoisine les 90 %, plus tard quand il y aura une vraie concurrence sur le marché (investissements sur des projets de thalassothérapie) avec des sites similaires au notre, on pourra faire des promotions.

Vous avez participé récemment aux thermalies, le salon de référence de l’eau et du bien-être en France. Peut-on savoir quelles ont été vos observations, notamment sur les tendances mondiales en la matière ?

Nous sommes habitués à participer à ce salon qui se déroule à Paris chaque année, toutes les stations thermales et les centres de thalassothérapie y participent. Chaque année, on décèle des nouveautés, notamment dans la prise en charge des pathologies surtout pour le troisième âge. La tendance va vers la récupération et la remise en forme (techniques nouvelles)

La cryothérapie marchait à l’azote, cette édition on a découvert un appareil qui fonctionne à l’énergie électrique. En Europe, elle est chère mais elle pourrait être moins chère en Algérie. On peut envisager de l’acquérir mais pas pour l’instant car il coûte 12 millions de DA alors que celui qui fonctionne à l’azote coûte 3,5 millions de DA. La machine fonctionne à moins 110 degré.

Nous avons aussi participé au Salon de Budapest où l’Algérie a été pays d’honneur. La Hongrie est un pays de thermalisme. Nous avons essayé de nous imprégner des bonnes pratiques et surtout les appliquer en Algérie.

Ou se situe notre thalassothérapie par rapport à ce qui se fait en Europe ?  

Franchement, ce sont deux mondes complétement différents. En Algérie, il n’y a pas beaucoup de centre de thalassothérapie, il n’y a que deux pour 40 millions d’habitants, le nôtre et celui des Andalouses (Oran),  c’est très peu comparativement à nos voisins. A titre comparatif, la Tunisie avec une population de 10 millions possède 42 centres de thalassothérapie. Nos voisins sont mieux structurés, en Tunisie, il y a l’office national du thermalisme et de l’hydrothérapie, en Algérie, ce genre d’organisme n’existe pas. Mais les perspectives de développement du thermalisme s’annoncent prometteuses, à Chlef (Ténès), il y a un grand projet de réalisation d’un centre de thalassothérapie, le SIH a aussi son projet thalassa Algérie près du Sheraton club des pins. En Europe, les curistes sont pris en charge par la sécurité sociale mais uniquement pour les soins, nous on prend en charge aussi l’hébergement et la restauration. La qualité des soins est bien sur meilleure en Europe au regard du nombre important de centres. Les curistes ont le choix et ils vont là où ils sont à l’aise. Nous sommes dans l’apprentissage, notamment en matière de formation.  On n’arrive pas à trouver des kinésithérapeutes et la notion de « médecin thermaliste » n’est pas reconnu en Algérie, en France, c’est une spécialité. C’est pour cela que le groupe HTT en partenariat avec l’Institut de thermalisme de Bordeaux a initié la création d’un Institut d’excellence en Algérie pour former des formateurs.