Tamanrasset, l’exceptionnelle évasion

Partir à Tamanrasset n’est pas un voyage ordinaire, c’est une évasion pour suivre les traces des Touaregs. Un ressourcement et un dépaysement total pour les touristes et notamment les nationaux

Avec l’un des plus beaux et grands déserts au monde, la wilaya de Tamanrasset est incontestablement une région richement dotée, aux potentialités touristiques indéniables, compte tenu de son patrimoine naturel, culturel et touristique. Une région mythique que nul ne saurait décrire de façon exhaustive. « C’est un produit exceptionnel, authentique et unique », note les prescripteurs de voyages. Un territoire qui a une séduction, une singularité et des trésors cachés.  En 1989, l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) a organisé une session à Tamanrasset et a donné ainsi à cette destination un véritable coup de pub pour être plus connue, plus visible. Elle est devenue ainsi parmi les destinations les plus prisées par les étrangers. La région a reçu aussi dans les années quatre-vingt le prince de Monaco et d’autres célébrités locales (artistes, écrivains). Le Sahara est actuellement le seul produit concurrentiel par rapport aux autres destinations touristiques au moment où notre économie est en train de se diversifier. L’occupation humaine de la ville remonte à plus de 3 millénaires avant J-C.

L’Assekrem, le circuit classique ! 

Le circuit classique est Assekrem et Tafilalet (pause déjeuner). A l’Assekrem, les touristes admirent le coucher et le lever du soleil unique au monde. On découvre l’un des plus beaux paysages auxquels puisent rêver les contemplatifs. Les levers et les couchers de soleil y sont très fastidieux. Dans le Hoggar, au nord de Tamanrasset, l’Atakor est un plateau volcanique de forme presque circulaire dont la hauteur moyenne est de 2000 mètres. L’Atakor est le massif le plus élevé du Hoggar. Hérissé de pitons renommés qui culminent à 2900 m près du sommet de l’Assekrem, il offre une variété étonnante de formes et de couleurs. Au fond des canyons se nichent des Gueltas, vasques naturelles d’eau limpide, et des gravures rupestres, témoins de la civilisation millénaire du Hoggar. Ces sommets sont constitués par d’anciennes cheminées de volcans dégagées par l’érosion.

les montagnes
Un musée à ciel ouvert

Aller à Tamanrasset, c’est effectuer un voyage magique sur les traces des Touaregs ou le ressourcement et le dépaysement sont garanties. Elle chante le génie du Créateur et constitue une invitation constante au voyage et à la rencontre des hommes. Les vestiges sont nombreux : Tamanrasset est considéré comme un musée à ciel ouvert. Elle invite à visiter les stations des gravures et dessins rupestres sans oublier visiter aussi le tombeau de la reine Tin Hinan à Abalessa, l’église du père Foucauld à Tamanrasset et son ermitage à Assekrem.   

Tin Hinan, Tin Hinan

Le monument de Tin Hinan est unique dans tout le Sahara central et se distingue par ses dimensions : 26,25 m de grand axe et 23,75 m de petit axe et par ses structures complexes : chambres, déambulatoire et chouchets.
Le tracé de l’enceinte est piriforme, ce dernier comporte 11 chambres de formes et de dimensions différentes dont deux constituent le patio et une comprend la chambre funéraire. C’est en décembre 1925 qu’a été fouillée la sépulture du monument d’Abbalissa, et il a été mis au jour un squelette humain paré de bijoux et accompagné d’un riche mobilier archéologique. Tin Hinan est l’ancêtre originelle des touaregs nobles du Hoggar. Il s’agit d’une femme de légende que l’on connait aujourd’hui à travers la tradition orale touarègue qui la décrit comme « une femme irrésistiblement belle, grande, au visage sans défaut, au teint clair, aux yeux immenses et ardents, au nez fin, l’ensemble évoquant à la fois la beauté et l’autorité ». Son nom veut dire en tamashek, « celle qui se déplace » ou « celle qui vient de loin ». Les Touaregs de l’Ahaggar ont donc naturellement conservé le souvenir de cette femme remarquable, et leurs récits, recueillis par le père de Foucault qui vécut en ermite à Tamanrasset au début du XXe siècle, inspira le romancier français Pierre Benoît qui, dans l’Atlantide publié en 1920, met en scène un jeune militaire rencontrant Antinéa, une femme énigmatique qui règne sur le Hoggar.

Tin Hinan Tin Hinan
Sur les traces des touaregs

Lors de votre périple à Tamanrasset, vous pouvez visiter la Frégate (lieu où vécut Charles de Foucauld de 1905 à 1916) et rencontrer « les petits frères de Jésus », installé à Tamanrasset depuis 1954. Du haut de ce piton rocheux situé à presque 3000 mètres d’altitude, balayé par le vent, le spectacle est inoubliable. Des aiguilles semblables à des orgues, d’énormes roches rectangulaires posées sur l’horizon comme des molaires, des pics somptueux, des cratères de volcan. Les agences de tourisme proposent une large gamme de voyages sur mesure (randonnées, treks, méharées, marches, excursions en 4×4). Ils vous feront découvrir la vie de nomade, l’ambiance chaleureuse du bivouac et le plaisir de goûter un thé autour d’un feu de bois. Il faut dire que la tendance est au lancement des circuits autour de Tamanrasset (50 km) et des excursions et voyages d’études pour archéologues et géologues. Les régions de Tamanrasset ont leur séduction, leur singularité et leurs trésors cachés.

Il faut dire que la tutelle fait tout pour encourager le tourisme du sud. A ce sujet, le ministre du tourisme et de l’artisanat a fait état de la prise d’une série de mesures incitatives pour la promotion du tourisme intérieur et l’encouragement des familles à aller découvrir cette région, dont la signature d’une convention avec la compagnie nationale Air-Algérie portant sur la réduction de 50% des billets de voyages à destination du Sud du pays.

Artisanat : La tannerie et la poterie à l’honneur

Tamanrasset est réputée pour la richesse et la diversité de son artisanat, grâce à la disponibilité de la matière première et l’esprit créatif de ses artisans. Les principales activités de la région sont : la tannerie, la ferronnerie, la poterie, le tissage à base de poils de chèvres, la dinanderie et la bijouterie traditionnelle en argent. Ces savoirs transmis de générations en générations constituent un véritable héritage culturel. Le cuir, le métal et le bois sont les trois matériaux utilisés dans l’artisanat touareg. A partir de cela, les «forgerons», nom donné aux artisans Touaregs, créent tous les objets de la vie domestique, allant des meubles et des piquets de tentes jusqu’aux armes et aux bijoux. Les hommes s’occupent des différents métaux tandis que le cuir est réservé aux femmes.

     

Bijoux touaregs
Gastronomie : El Mella et le rituel du thé

Les plats traditionnels sont plutôt épicés et gras, bien que tous les ingrédients soient locaux (viandes de chameaux, semoules, légumes, dattes), parmi les plats à déguster figure « El mêla » en sauce rouge, le couscous et le méchoui. La taguella targuia est le plat de base des Touaregs, le « Pain du désert » cuit sous la cendre. Les repas sont à base de dattes, de fromage et de taguella. Le thé est un véritable rituel d’accueil et de détente, on en boit non pas un, mais trois verres. Le premier thé est fort, juste les feuilles infusées, un verre est rempli puis versé et reversé dans les autres verres. Tout l’art réside dans la manière de verser le thé de très haut, créant une cascade de liquide s’étirant parfois jusqu’à un mètre pour en couper l’amertume et en favoriser la mousse. Puis on remet l’eau de la théière à chauffer en ajoutant de la menthe et du sucre ; le troisième suit le même processus, ainsi, la teneur en théine est de plus en plus faible.

Les touaregs mettent les verres à thé et éventuellement la théière dans un corbeillon, le thé vert dans un petit sac de cuir et le sucre dans un sac semblable.    

Tasfit pour fêter le printemps

Parmi les fêtes de la région, nous citons Tafsit, Assihar, les Ziarates des saints hommes telle la ziara de In Salah, la ziara de Adaghmoli, la fête du chameau en plus des festivals comme le festival international des arts de l’Ahaggar et le festival culturel national de chant et musique amazighs. Mais, la plus célèbre, Tasfit qui marque l’avènement du printemps, représente une occasion pour une fête de trois jours riches en couleurs. C’est aussi une occasion pour les agences de voyage du grand Sud de clôturer la saison touristique « Automne- Hiver » avant l’arrivée des grandes chaleurs estivales et des vents de sable. Tafsit est devenue au fil des années « Une kermesse géante » où les touristes se retrouvent en pèlerinage pour « un au revoir et, à l’année prochaine ». Dans la tradition populaire Tafsit- qui veut dire printemps – est une occasion pour organiser de nombreux concours comme ceux du meilleur chameau, du meilleur artisan ou l’élection de « Miss Hoggar » qui est devenue l’une des principales curiosités des dernières saisons. De par son caractère culturel et touristique, Tafsit est aussi une occasion d’organiser de courtes randonnées comme le circuit de la boucle de l’Assekrem pour admirer l’un des plus beaux coucher du soleil au monde à 2800 mètres d’altitude et, découvrir l’Hermitage de Charles de Foucauld.

Et l’Assihar pour booster le commerce

Les autorités de la wilaya de Tamanrasset misent sur l’Assihar pour booster l’activité commerciale, touristique et culturelle de la région, à la faveur d’un programme d’animation diversifié impliquant différents secteurs concernés, faire connaitre l’artisanat traditionnel et la culture de la population locale, et impulser le développement de la région.  L’organisation de manifestations culturelles, Maoussems et fêtes locales peuvent contribuer à la promotion du tourisme et de l’artisanat à Tamanrasset. Une tendance lourde est en train de se mettre en place ces dernières années : les Algériens vivant dans les grandes villes (Alger, Oran, Constantine) mettent à profit ces événements pour aller passer quelques jours de détente et de dépaysement.