Yeddina créations : La tradition au goût moderne

Plusieurs artisans se lancent à l’aventure soit par passion, soit à l’issue d’une formation adéquate. Ils donnent cours à leur imagination, leur savoir-faire pour valoriser nos traditions et notre patrimoine. Parfois, ils en font leur métier.

C’est le cas de Mme Bouleçane Nesrine, qui est à l’origine de « Yeddina Créations » créé officiellement, il y a juste un an.  A vrai dire cette artisane était destinée à le devenir, tant elle était passionnée depuis son jeune âge « Le côté artistique a toujours fait partie de moi, depuis toute petite, au primaire, alors que je commençais à peine à écrire, j’écrivais des contes, et j’avais beaucoup d’imagination, et au collège, j’aimais le dessin. Je dois remercier ma maitresse de l’époque de m’avoir encouragée » Elle reconnait que quelque part, ce sont ses parents qui l’ont initié et transmis ce qui est, maintenant, devenu l’âme de « Yeddina » « c’est un lègue qui est devenu une passion » dit-elle avant de préciser que celaa toujours fait partie de sa vie« La décoration, customisation, récupération et création, ont toujours fait partie de ma vie. Depuis toute petite, j’avais cette envie de dessiner, de reproduire des choses et de les customiser, meubles, stylos…tout y passait ».

Naissance de Yeddina

Mme Bouleçane Nesrine, a d’abord, passé 10 ans, dans un métier qui était loin du monde des arts, elle décida alors de corriger sa voie « J’ai pris du temps pour me réconcilier avec mes centres d’intérêts : la lecture, l’écriture, la marche sur Alger, tout ce qui attrait à la découverte » pour elle, il ne luimanquait qu’une petite étincelle, celle de donner libre cours à son imagination. Cette étincelle est venue d’un tamis miroir, qu’elle créa de ses propres mains pour l’offrir à un membre de sa famille, qui a beaucoup aimé. Il y a eu d’autres, toujours, dans le but de les offrir jusqu’au jour où ses œuvres aient connu des commentaires positifs de la part de la communauté d’un ami artiste qui a partagé ses œuvres sur ses réseaux. C’est à partir de ce retour positif qu’est né Yeddina Créations « J’ai beaucoup de gratitude pour mes parents, ma famille et mes amis qui m’ont tant encouragé ».

Yeddina créations
Des œuvres riches et diversifiées

Yeddina ne représente pas seulement tel ou tel produit, d’ailleurs le nom, est parfaitement significatif de ce qu’elle représente « Yeddina en arabe nos mains, c’est tout ce qu’on peut créer et faire avec nos mains, imaginez-vous l’horizon que ça offre » explique Nesrine. Ainsi, tout a commencé avec des tamis, de la peinture, des tissus pour se développer vers la peinture de la terre cuite et se diversifier vers d’autres créations, comme la peinture sur toile, qui a un aspect plus artistique qu’artisanal, ou encore la peinture sur verre, les tamis miroir, les lampes et les plateaux, le tribal qui sont des pièces de trois en bois, les cafetières et théières, en métal émaillées, aux quelles Nesrine apporte une jolie touche artistique. « En fait, c’est ce que j’ai voulu faire au tout début, garder l’aspect traditionnel et y rajouter un peu de modernité pour les remettre au goût du jour ».

Un style propre et unique

Ainsi, Nesrine propose des créations uniques avec un style qui n’appartient qu’à Yeddina « Je prends mon pinceau et ma peinture et je commence à imaginer une histoire que je reproduis sur les planches, tribal ou tamis…etc., en termes de pièces aucune ne ressemble à l’autre, c’est une passion, c’est en moi ».

En effet,Yeddina n’a absolument aucune base résultante d’une formation mais plutôt d’un apprentissage tout à fait autodidacte « ça émane du cœur et de la tête, je me suis toujours renseigné sur les matériaux, les peintures que je peux utiliser, et les supports. » Les créations de Yeddina, intègrent ses origines algériennes et aussi les différentes traditions algériennes parfois méconnues ou inexploitées « L’idée est d’incorporer tout ce que j’aime et de piocher dans ces choses qui existent et puis en faire quelque chose qui restera ».

Une visibilité on line
Yeddina créations

Yeddina existe qu’en ligne, c’est à travers ses réseaux sociaux qu’elle partage ses créations et qu’elle se fait connaître « Les réseaux sociaux sont indispensables, c’est mon outil de travail. »  En tant qu’artisan ou artiste, Yeddina dépend aussi, de plusieurs entités, entre autres le palais de la culture où elle a été conviée à exposer souvent ses créations, ou bien l’ANART qui a contacté Yeddina pour figurer dans un listing d’artisans avec de nouvelles choses, mais aussi la chambre d’artisanat où la fondatrice de Yeddina a passé son examen pour avoir son diplôme d’artisane. « Tout cela est encourageant…en plus de quelques facilités dont je bénéficie auprès des assurances et des impôts, on m’a reçu et on m’a expliqué les choses, donc j’en suis satisfaite, mais en tant qu’artisan et artiste, on aimerait bénéficier de plus de mise en valeur, sur cette nouvelle vague de nouveaux artistes mais aussi sur les anciens artistes qui n’ont pas eu la visibilité qu’ils mériteraient d’avoir, par exemple : mettre la lumière sur certaines galeries d’art créées par des amateurs d’art, ce qui faciliterait grandement l’exposition de nos pièces et les rencontres. ».

D’ailleurs, Yeddina est à l’origine d’un groupe sur Facebook créé il y a quelques temps « Art in the city », un espace dédié à l’échange entre artistes, artisans et amateurs d’art et artisanat « c’est une parenthèse artistique et artisanale pour parler de sa passion, partager ses œuvres et ses expériences, regroupant des horizons différents, cinéma, littérature, art plastiques ou graphiques, musique, comédie, chanson….etc. , et cela pour encourager certains créateurs amateurs à se faire connaitre.»

En fait, Mme Bouleçane Nesrine tente, à travers ce groupe, d’encourager les jeunes artistes, afin de leur apporter la même aide, sinon plus, de ce qu’elle a reçu, elle, à ses débuts. Comme quoi il n’y a que les artistes qui se comprennent le plus.

Yeddina créations